Why (not) China ?

Why (not) China ?  dans Chine img_2041

Lorsque l’on a vingt ans et que l’on décide de partir en Chine, notre entourage (famille, amis, connaissances , et même nos professeurs une fois sur place !) nous demande pourquoi . Pourquoi partir ? Et pourquoi la Chine ??

Chacun a ses réponses. Souvent les mêmes . Des raisons pour s’en aller, il y en a des centaines : voir le monde, voyager et s’en prendre plein les yeux, se découvrir, aller à la rencontre de l’inconnu, découvrir une nouvelle culture, une façon de vivre différente, prendre du recul sur soi-même, sur la société, dire que « on y est allé » et que maintenant, on comprend , etc..

Mais partir en Chine, soyons honnêtes, ce n’est pas ce qui fait rêver le plus les jeunes occidentaux. La plupart sont attirés par le Canada,les USA, l’Amérique du Sud aussi. Ceux qui sont attirés par l’Asie le sont plus particulièrement par le Japon, ou la Thaïlande. Mais la Chine, non.

Je ne vais pas dire que c’était mon rêve. A l’origine, je rêvais d’aller loin, en Chine ou ailleurs, peu m’importait. Mais il était important pour moi d’aller quelque part où je puisse poser mon cerveau d’occidentale et prendre enfin du recul sur mon pays, ma culture et la société que j’avais toujours connu. La Chine s’est imposée naturellement à moi. Lorsque j’ai obtenu le parcours que je souhaitais, j’ai fait face a une incompréhension de la part de certaines personnes qui m’a étonnée. Ces réactions n’étaient pas nécessairement méchantes, mais elles appelaient toujours à une justification de ma part. Cela m’a fait réaliser une chose : lorsque l’on souhaite passer quatre mois au Canada, aux USA, cela semble évident, normal, pas besoin de se  justifier. Mais lorsque qu’il s’agit de la Chine c’est une autre histoire. En effet lorsque l’on souhaite aller en Chine pour plusieurs mois, il faut avoir une raison, une argumentation bien ficelée ! Une argumentation que j’ai été obligée de construire pour faire face à ces incessants « Mais qu’est-ce que tu vas foutre en Chine ? », « Moi je t’y laisse ! ».

Le fait est que les occidentaux ont des préjugés sur la Chine qui ont été bâtis par des expats comme moi qui racontent leur quotidien à leur entourage resté en France; et qui, comme chaque humain le ferait, ne se focalise que sur les choses choquantes ou inhabituelles. Alors OUI, la Chine est un pays communiste, OUI c’est un état policier. Mais un pays de un milliard trois, c’est un tout tellement complexe, dense et divers qu’il est impossible de le résumer en seulement quelques mots ! Etre ici m’a fait réaliser la façon dont nous, français, avons été habitués à voir le monde et les différences.

Entre parenthèses, depuis la Chine, je suis l’actualité française, et ce que j’en vois me terrifie. J’ai l’impression que notre pays est doucement mais sûrement en train de tomber dans ce que j’appelle la peur de l’autre. La peur, l’incompréhension, la stupidité et la cruauté, la manipulation, l’absence d’empathie, d’analyse, tous ces éléments appellent à des débats que je laisse à d’autres, ce n’est pas l’objet de mon propos ici.

Je ne fais pas de généralités, il y a de nombreuses personnes de ma génération qui sont réellement intéressées par la Chine , par ses bons et ses mauvais aspects, mais je déplore le fait que la majorité de cette génération sensée être la plus connectée, la plus ouverte au monde, soit à ce point fermée à l’idée de découvrir un pays aussi important (autant économiquement, démographiquement, et historiquement) que l’est la Chine. Je ne savais pas à quoi m’attendre , et le fait est que depuis mon arrivée, j’ai été exaspérée, parfois dégoûtée, oui, mais j’ai aussi été enthousiasmée, émerveillée par ce pays.

Nombre d’entre nous se disent volontiers capable d’adaptation, d’ouverture d’esprit, de curiosité (qui n’a pas marqué ça un jour dans un CV ou une lettre de motivation ?) mais la réalité, c’est qu’il est  terriblement difficile d’admettre une culture diamétralement différente de la nôtre. Il est difficile de lutter contre tous les codes, les habitudes sociales que nous avons toujours connu, les préjugés que nous avons, et même de changer notre façon de penser. Je l’ai éprouvé moi-même, et je ne cache pas qu’il m’arrive de me plaindre de l’attitude des chinois, mais le fait est que je suis dans leur pays, et que je n’ai pas à juger de leur comportement mais du mien et de ma façon de les voir. Dans cet article (*), Marion Antoine décrit parfaitement ce changement, cette découverte de soi que le voyage induit inévitablement, et à quel point cette évolution peut être à la fois riche et difficile.

Par exemple, comment admettre, nous qui venons d’un pays au patrimoine historique aussi riche, que l’histoire de la Chine se soit bâtie sur la destruction systématique des constructions de la dynastie antérieure (en effet à chaque nouvelle dynastie, il était coutume de brûler et détruire toutes les constructions de la précédente ère , cela portait bonheur) ? Comment admettre également que ce que nous considérons comme étant absolument contraire à la bienséance et à l’hygiène (cracher par terre, ne pas mettre de couche aux enfants) soit considéré comme extrêmement hygiénique et que nous soyons nous-mêmes considérés comme sales lorsque nous utilisons des mouchoirs ? Les exemples ne manquent pas.

Je ne sais pas si la « peur » de la Chine vient de notre éducation, des médias, ou de notre imaginaire, de ce que nous voyons des chinois de France, mais il est évident que l’ignorance que nous avons de ce pays ne peut donner rien de bon.

Pour ma part, j’espère que mes photos vous donnent envie de découvrir ce pays. :)

(*) : www.marionrocks.fr/2013/11/far-away.html

 


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